J'ai testé pour vous : Lyonesse

Publié le par Arii Stef

La table non-euclidienne se réunit  une fois par mois au club de Blagnac. Elle s’attache à tester des jeux de rôle qu’ils soient récents ou non. Pour cette partie de Janvier 2020, JML nous propose Lyonesse, le jeu suisse paru en 1999 prenant place dans l’univers de la trilogie éponyme de Jack Vance. JML a pour projet de nous faire tester cette année trois jeux dans des univers de Vance : c’est le premier qu’il nous soumet. J’ai pour ma part lu la trilogie, mais je n’en ai que peu de souvenirs. Les autres joueurs ne la connaissent pas.

L’univers

Les Isles Anciennes constituent un archipel au large de l’Aquitaine et de l’île de Bretagne. Cet archipel autrefois uni autour d’un roi et de sa table ronde qui siégeait à Avalon s’est depuis divisé en de nombreux royaumes. Ces derniers rêvent de reconstituer le royaume uni d’antan à leur profit. Un peuple à la peau hâlée, venu du Nord de l’Europe, s’est taillé un domaine au nord-est de l’archipel, mais les armées de Lyonesse, Dahaut et Troiscinet sont trop occupés à se regarder en chien de faïence.  La religion chrétienne est arrivée depuis peu du continent et commence à faire des adeptes. La forêt de Tantrevalle qui occupe le centre de l’île principale reste le refuge des peuples féériques qui vivent selon leurs propres lois.

La magie est l’apanage de ces peuples. Seuls quelques humains avec du sang féérique dans leur veine bricolent quelques sorts et parmi eux certains sont vraiment devenus de puissants magiciens. Les peuples féeriques ressemblent plus à ceux des contes qu’à ceux du médiéval fantastique tolkienien : ils sont imprévisibles, capricieux, foncièrement magiques.

L’ambiance de Lyonesse penche donc vers la geste arthurienne, avec un mélange de moyen-âge courtois et de fantasy celtique, mais sans Arthur et ses chevaliers. Dans mon souvenir des romans, la politique et les intrigues entre royaumes constituaient une toile de fond importante.

Le système

Lyonesse est un jeu de rôle traditionnel avec un MJ et des joueurs qui jouent tous un personnage. Ces personnages sont tous humains. D’un point de vue mécanique, ils sont principalement caractérisés par leurs compétences appelées Aptitudes, qui sont exprimées sous la forme d’un dé. Par exemple, j’avais 1D4 en Adresse. Pour réussir une action, il faut faire un score supérieur à la difficulté, généralement 2 ou 3.

Il existe par ailleurs des points de réserve qui permettent de s’octroyer des bonus. Ils sont appelés points de ressources et on les destine à un ou plusieurs types d’action dans Altruisme, Désir, Fougue et Survie.

Nous avons peu testé le système, la plupart des actions s’est en effet réglée en roleplay.

Un défaut néanmoins est apparu, je jouais un très jeune magicien (45 ans) qui maîtrisait péniblement trois sorts. Le Maître du jeu a indiqué que les règles de gestion de la magie était particulièrement incomplète et qu’il avait été obligé d’improviser pour créer son prétiré d’apprenti mage.

En conclusion, le système semble simple, facile à utiliser et peu envahissant. Le fait que nous l’ayons peu utilisé n’est finalement pas un hasard. Le choix d’un système ultra-simple peu adhérent constitue quelque part un choix de game design en lui-même.

Le scénario

Nous avons joué le scénario du livre de base, volontairement simplifié et raccourci par JML, compte-tenu de la contrainte horaire de la partie.

Le baron Jocelyn de Châteaufoire a pris en épousaille une chrétienne du Continent, Dame Brunehaut d’Aquitaine. Il s’est converti à la nouvelle foi et frère Tardellus ne quitte plus le château. Après 3 ans de mariage, Dame Brunehaut est enfin tombée enceinte. Malheureusement, il est apparu bien vite que le foetus possédait des cornes. Frère Tardellus en a conclu que c’était l’œuvre du diable et que seule une sainte relique pouvait guérir dame Brunehaut.

Notre groupe se retrouve chargé de retrouver les sandales de Saint Martin de Lyonesse qui se trouveraient dans une abbaye construites dans la forêt de Tantrevalle.

Ermite farfelu, lutin et seigneurs féeriques furent au menu. On s’est bien amusé mais ce fut court, court pour juger de l’ambiance et des mécanismes. Le scénario en lui-même est bien sympathique et ses développements, que nous a racontés JML et que nous n’avons pas joué, semblent également intéressants. Je l’aime bien car il oblige les joueurs à faire des choix cornéliens.

 

En conclusion, la partie a été un peu courte pour réellement juger du jeu. Je peux néanmoins estimer que le jeu est conçu pour les fans de l’univers et les amateurs de fantaisie merveilleuse et d’ambiance arthurienne. Le système est là pour être oublié, comme un simple support à la narration. On pourrait objecter que le jeu n’est peut-être qu’une encyclopédie du monde de Lyonesse avec un petit système de jeu de rôle pour pouvoir s’y amuser. Pour estimer si le jeu tend plutôt vers l’objet ludique ou plutôt vers l’objet à collectionner pour fans de Vance, j’aimerais savoir si le jeu donne des orientations en terme de création de groupe, d’ambiance de parties ou de création de scénario.

Les scénarios parus peuvent également donner le ton ludique d’une gamme. Le scénario du livre de base que nous avons joué traite du peuple des fées et de l’intrusion de la chrétienté et aborde là à mon avis deux thèmes essentiels du jeu. L’éditeur n’en ayant publié que deux avant de fermer ses portes, nous ne le saurons jamais.

P.S : Le jeu n’est plus disponible depuis perpète mais Lyonesse connaîtra bientôt une nouvelle adaptation ludique, américaine cette fois-ci.     

Publié dans Testé pour vous

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article