Lectures printemps été 2025
Depuis mon dernier article sur mes lectures, j’ai bien sûr lu beaucoup de jeu de rôle (Enquêtes du club Pythagore, la gamme NOC, Stalker, des suppléments Hawkmoon…). Mais j’ai également lu d’autres livres : romans, essais et autres. Voici un petit retour sur Le Petit Chose d’Alphonse Daudet, Histoire de l’Ecriture, Ramsès de Christian Jacq, Le Chevalier aux épines de Jaworski, Atlas des Peuples d’Europe Centrale et Orientale, Akhénaton de Mahfouz et de la Bédé
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Le Petit Chose – Alphonse Daudet
Je lis périodiquement depuis quelques années des auteurs classiques d’œuvres que je n’ai jamais lues. Cette fois, je me suis attelé à un livre d’Alphonse Daudet. A part la chèvre de M.Seguin et Tartarin de Tarascon, je ne connaissais pas grand-chose de cet auteur du XIXème siècle. Je pense avoir lu qu’il fréquentait des cercles de droite et qu’il était conservateur.
Le Petit Chose est une autobiographie très romancée de l’auteur. J’ai été lire des éléments autobiographiques ensuite : il y a tout de même des différences notables entre le Petit Chose et Alphonse Daudet. Néanmoins beaucoup d’éléments du roman sont inspirés de la vie de l’auteur : son enfance dans une usine, le déménagement à Lyon, la descente progressive de sa famille dans la pauvreté, sa vie de pion à Lyon, son arrivée à Paris et sa vie commune avec son frère.
Le livre est bien écrit et j’ai été pris par l’écriture. L’envie de lire le chapitre suivant a été présent dans toute la lecture. J’ai été ému par le récit. Néanmoins, je dois dire qu’en refermant le livre, je ressens une certaine aversion pour l’auteur au travers des éléments autobiographiques : souvent pointe sa misanthropie (sa description de l’internat et des enfants d’Alès, la cruauté avec laquelle il décrit son frère enfant,…) et un auto-apitoiement constant alors que Le Petit Chose fait constamment des choix problématiques. Il m’est difficile de juger si Alphonse Daudet dans ces aspects ressemble au Petit Chose ou si, justement, le roman est une façon pour l’auteur de se critiquer lui-même et d’exorciser ses démons. En tout cas, encore une très belle lecture…
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Histoire de l’écriture – Pierre – Jean Calvet
J’ai toujours une appréhension en abordant ce type d’ouvrage : peur qu’il soit trop technique et abscon, réservé à des spécialistes du sujet ou au contraire peur qu’il soit trop généraliste et finalement qu’on n’y apprenne rien. Dans ce survol de l’histoire de l’écriture, et notamment des premières écritures, j’ai trouvé que l’auteur avait trouvé le juste milieu en termes de vulgarisation. L’ouvrage contient beaucoup d’informations sans se perdre dans les détails ou les termes techniques.
Cela se lit vite et le livre parvient à parler des concepts (différences dans les glyphes et les lettres, problème de déchiffrement, le lien avec le support, …) tout en effectuant un survol historique. Et se dernier ne se contente pas de parler de l’Egypte et de la Mésopotomie.
C’est passionnant. La concision et le choix de se concentrer sur les premières écritures font de l’ouvrage une belle introduction au sujet mais au final, me laissent un peu sur ma faim.
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Ramsès (tome 1 : Le fils de lumière) – Christian Jacq
J’avais lu la trilogie du Juge d’Egypte à sa sortie et l’avait relu il y a quelques années. J’apprécie le style direct de Christian Jacq, sa capacité à faire vivre une époque révolue et sa maîtrise d’un récit qui mélange candeur et rebondissement.
Je partais donc confiant sur ce tome 1 de sa série Ramsès qui nous conte la jeunesse du grand pharaon. On retrouve la capacité de JAcq à animer cette époque ancienne et à la rendre vivante et simple au lecteur moderne. Néanmoins, de mon côté le charme est rompu. La candeur devient manipulation, l’idéologie d’extrême droite de l’auteur suinte par tous les pores du récit (fascination pour le leader, haine des marchands et des étrangers, passéisme, conservatisme,...), les personnages en sont vraiment détestables… Je ne lirai pas les tomes suivants.
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Le Chevalier aux épines – Tome 1 : le Tournoi des Preux – Jean - Philippe Jaworski
La dernière série de romans de Jaworski se déroule dans le Vieux Monde comme Gagner la Guerre mais elle s’intéresse à des contrées où sévit un strict système féodal. Cela permet à l’auteur à déployer son intrigue dans un monde médiéval très inspiré de la France féodale mais sans être contraint par l’histoire. Il introduit également une dose de fantastique et d’invention (les religions notamment).
Le duc de Ganelon a répudié sa légitime épouse, Audéarde de Bromael, sur des suspicions de fricotage avec un chevalier errant, Ædan de Vaumacel. Ce dernier n’a pu se présenter au procès car il était attaché au service d’un ordre religieux qui ne l’a pas libéré de son devoir. Son absence a été considérée comme un aveu de culpabilité. Le Roi en a profité pour épouser une jeune et riche ciudalienne, ce qui lui a permis de renflouer ses caisses et d’envisager de nouvelles conquêtes. Néanmoins ses fils nés de sa précédente épouse ne l’entendent pas de cette oreille et vont défier l’autorité de leur père par un tournoi qui n’a rien d’amical.
Le roman suit d’abord Aedan, le chevalier errant, mais s’intéresse successivement à plusieurs personnages. Le style de Jaworski est toujours très riche, l’intrigue touffue, l’univers complexe,… il faut s’accrocher mais je me suis laissé assez vite porter par l’histoire, la langue et les personnages. J’ai déjà acheté le suivant…
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Atlas des Peuples d’Europe Centrale et Orientale – Jean Sellier
Ce livre au format inhabituel s’intéresse aux pays et peules d’Europe centrale et orientale en présentant les pays un par un avec moulte carte. Mon édition achetée d’occasion date des années 2000 (les événements les plus récents n’y figurent pas). Je pensais ne pas apprendre beaucoup plus que je ne savais déjà : c’était une erreur. Pour chaque pays, l’ouvrage s’intéresse à l’histoire de son existence, de son territoire, de son étendue, à ses langues, à sa composition ethnique. C’est très complet et riche. De quoi bien compléter votre culture sur le sujet…
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Akhénaton le renégat – Naguib Mahfouz
J’aime beaucoup Naguib Mahfouz. J’ai adoré la lecture de la trilogie du Caire, sa description d’une famille cairote et le parcours intérieur des différents personnages. Le célèbre auteur égyptien s’intéresse dans ce roman à la figure d’Akhénaton, le pharaon qui imposa en Egypte le culte d’Aton, une forme du monothéisme. Cette réforme mourra avec lui et sa capitale sera abandonnée. C’est le seul roman de Mahfouz qui s’intéresse à la période pharaonique.
La forme du roman est originale puisqu’elle prend la forme d’interviews des protagonistes par un jeune homme aisé, trop jeune pour avoir vécu les événements du règne. La dernière protagoniste à être interrogée par le jeune homme est bien sûr la reine Nefertiti.
Je me suis plongé dans ce récit à plusieurs voix où les points de vue se confrontent et permettent de dresser des portraits de différentes personnalités. Mahfouz n’est pas historien et au travers de la période amarnienne, j’ai l’impression qu’il parle surtout de l’islam. En effet, le récit est indubitablement celui d’un musulman convaincu et on ne peut s’empêcher de faire le parallèle entre les deux monothéismes. De plus, le romancier a pris des libertés avec l’histoire. Il faut dire qu’elle est tellement ancienne et les traces tellement ténues et univoques qu’il peut se le permettre.
Au final, si le récit me parle plus de Mahfouz et de sa foi que d’Akhénaton, j’ai beaucoup aimé le livre, son style, l’histoire développée et sa forme.
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J’ai lu également pas mal de bédés : j’ai terminé la série Jonathan de Cosey avec les deux derniers albums « récents » (le dernier n’est malheureusement pas très intéressant), la fin de la série Changelin (je reste sur mon impression d’une série complètement décousue) ainsi qu’un Pierre Dubois, Layina (pas folichon), deux premiers albums de la vieille série Dupuis Archie Cash (pas convaincu du tout pour l’instant, le ton tranche avec les séries Dupuis habituels : plus violent, plus « adulte », mais le ton, le scénario et la narration sont mal maîtrisés, j’ai eu même parfois des difficultés à comprendre l’histoire) , un deuxième vieux Cossu « Histoires Alarmantes » (sympa mais moins bien que le premier), l’anniversaire de Kim (un récit sur la Corée du Nord qui fait froid dans le dos), Tif et Tondu (le début de l’intégrale, outch ça a mal vieilli), Les Petits Hommes (intégrale tome 2 : c’est encore assez maladroit, mais l’univers se met en place).