Testé pour vous : Wilderfeast

Publié le par Arii Stef

Circonstances du test

Pour Halloween 2025, notre association a organisé une grande soirée one-shots ouverte à toutes et tous, notre deuxième nuit du jeu de rôle. J’avais préparé un one-shot d’Ecryme à cette occasion mais beaucoup trop de MJs se sont présentés et je me suis rangé du côté des joueurs. Et oui ça arrive…

J’ai intégré la table de Ginkoko, qui tient également un blog, pour cette partie de Wilderfeast. J’ai certes entendu parler de ce jeu traduit en français par Don't Panic Games qui a fait l'objet d'un financement participatif. Comme je n’avais pas trop aimé la série Donjons & Gloutons avec laquelle le jeu a des analogies, je ne m’y étais jamais particulièrement intéressé, même si certains Youtubeurs en disent beaucoup de bien.

Ginkoko nous présente le jeu. Je suis étonné par le côté procédural du jeu (on y reviendra) mais les personnages sont bien typés avec des pouvoirs sympas. Je choisis Telun, un personnage avec des pâtes d’oiseaux, des caractéristiques d’aigles et qui se bat avec une broche gigantesque.

Le scénario et les prétirés sont issus du livre de base inclus dans la luxueuse boîte collector de Ginkoko (je vous donne son adresse contre rémunération). Cette boîte je crois est une exclusivité du financement. 

Présentation du jeu

Dans un monde médiéval-fantastique, les joueurs incarnent des naturons, des héros chargés de traquer des monstres, des créatures néfastes connaissant des mutations liées à la frénésie. Pour purifier le monde de cette frénésie, les naturons cuisinent les monstres abattus et absorbent la frénésie en eux-mêmes en cuisinant les monstres. Ils en acquièrent des pouvoirs et des caractéristiques monstrueuses.

Les Naturons sillonnent le continent en meutes et sont armés de gigantesques instruments de cuisine fait d’un alliage ancien dont le secret de fabrication est perdu.

Tous les personnages sont définis par leurs pouvoirs mais aussi par leur arme favorite, leur talent de cuisine et leurs plats préférés.

Le ressenti de mon côté est celui d’être dans un manga : des pouvoirs extraordinaires avec des contreparties, des personnages ayant un but dans la vie cherchant à s’améliorer et surtout des éléments disparates qui s’assemblent en mettant à mal ma suspension d’incrédulité.

Caractéristiques du jeu

La base du système est assez simple. Les personnages sont définis pour 4 styles de base : Puissant, Précis, Rapide, Sournois dont le score s’étale entre 1 et 4. Ce score représente le nombre de D6 lancés pour une action entrant dans le cadre du style. Tous les dés effectuant 5 ou 6 indiquent une réussite. Le joueur lance en sus un D8 appelé dé d’action qui indique la qualité de la réussite (si l’action est réussie). Si cela est justifié, le personnage peut faire appel à son côté monstrueux : le dé d’action devient 1d20 mais le joueur perd un d6 à son style.

Il y a aussi des compétences qui permettent d’augmenter le score d’un ou plusieurs dés. Le personnage dispose aussi d’une arme qui est un instrument de cuisine de taille démesurée, de techniques liées à cette arme et de traits liés à son aspect monstrueux. Le background est rapidement brossé au travers des plats qui ont marqué sa vie.

Les combats disposent de leur propre environnement de règles, notamment avec une piste de combat indiquant la position des combattants vis-à-vis du monstre. Les capacités des monstres sont détaillées et très puissantes. Heureusement, les personnages sont assez résistants et doivent être blessés 3 fois avant d’être hors-jeu.

Les repas et l’absorption des pouvoirs du monstres disposent également de règles spécifiques assez développées.

Une autre spécificité du jeu est son côté procédural : les scénarios de Wilderfeast suivent le même enchaînement : le « jeu libre » où les personnages sont aux prises à l’environnement et aux factions du monde, la piste où ils traquent le monstre, l’affrontement avec le monstre puis le repas où ils cuisinent le monstre. Le jeu est conçu comme tel.

C’est exactement ce que nous avons joué dans ce one-shot : trouver la trace du monstre en discutant, récolter des ingrédients, éviter une montagne et rencontrer des espèces de crocodiles territoriaux, se faire héberger dans une école de naturons, traquer la bête (rapidement car il se faisait tard) et combattre une espèce de gros crapaud dégueulasse.

Mon avis

Le jeu est intéressant à plus d’un titre. Son côté procédural permet de cadrer le propos du jeu et lui donne un aspect « série ». Je pense qu’il permet aussi de limiter le temps de préparation pour le MJ.

Ses règles et son thème sont extrêmement entremêlés. On ne peut que se réjouir d’un système où ce qu’on mange est important. Les monstres avec leurs pouvoirs spécifiques et le système de combat ne sont pas juste des blocs de statistiques mais ils représentent de grosses oppositions, très personnalisées. La part de monstruosité de chaque PJ rend les personnages réellement uniques et le rôliste ludiste se fera une joie d’améliorer son personnage au fil des parties. Ce système donne tout le sel du jeu. Il semble vraiment bien foutu (même si notre MJ nous a fait part de quelques pouvoirs ou armes qui avaient l’air cheatés) et permet de renouveler l’expérience ludique.

Néanmoins, le jeu coche beaucoup de cases dans la catégorie « c’est pas mon truc ! ». Première case : Même si j’en reconnais l’intérêt, j’ai toujours trouvé que les jeux de rôle procéduraux comme Légendes de la Garde limitaient quand même l’expérience de jeu et la narration. Je crains un aspect répétitif à l’expérience. Deuxième case : il y a vraiment pour moi trop de règles, de pouvoirs, de sous-systèmes… cela reste assez simple, mais c’est déjà trop pour moi. Les règles s’imposent à la partie à la fois par leur importance dans le jeu et par le temps pris par la résolution des combats. Un joueur s’est exclamé qu’il avait plus l’impression de jouer à un jeu de plateau qu’à un jeu de rôle. Troisième case : le sujet du jeu reste la baston et le combat avec le monstre fut long, très long, enfin trop pour moi qui apprécie les résolutions rapides. Quatrième case : le jeu comporte beaucoup de codes du manga dans la nature des pouvoirs et des aspects monstrueux, les relations entre les gens, les factions, … certains de ces points (invraisemblances, personnalités stéréotypées, bastons qui n’en finissent pas, pouvoirs à la con) m’ont détourné du genre en bédé, c’est un peu la même chose ici.

Donc, oui le jeu a de grandes qualités mais je ne suis pas le bon public.

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