Lectures automne - hiver 2025-2026

Publié le par Arii Stef

Depuis mon dernier article sur mes lectures, j’ai bien sûr lu beaucoup de jeu de rôle (des suppléments Les Héritiers, du Cthulhu, encore du CthulhuMythic Polynesia, kit d’initiation Pénombres…). Mais j’ai également lu d’autres livres : romans, essais et autres. Voici un petit retour sur ces différentes lectures : le Blé en Herbe de Colette, Les Hommes de l’Islam de Louis Gardet, Le Dieu venu du Centaure de Philip K.Dick, L’énigme des Blancs Manteaux de JF Parot et Les Enfants de Hurin de Tolkien.

Le blé en herbe – Colette

Je lis périodiquement depuis quelques années des auteurs classiques d’œuvres que je n’ai jamais lues. Cette fois, je me suis attelé à un livre de Colette, l’un de ses romans les plus connus, le blé en herbe. Je ne connaissais pas grand-chose de cette autrice à la vie apparemment bien remplie.

Ce roman nous parle d’une amitié entre une adolescente et un adolescent qui se transforme en relation charnelle. Les familles de Phil (16 ans) et de Vinca (15 ans) louent ensemble tous les étés une maison sur la côte bretonne. Leur amitié enfantine s’est forgée dans la liberté estivale, les sorties dans la nature, la pêche au crabe… Cet été, l’insouciance et l’innocence restent présents, mais leur relation change, elle se mêle de perspectives d’avenir, de désir, même les adultes parlent de mariage… Un événement va perturber cette évolution : Phil rencontre par hasard une dame en villégiature dans une maison assez proche. Ce sera pour Phil une initiation sexuelle où l’attrait du plaisir et la culpabilité s’associeront.

J’ai pris grand plaisir à lire ce court roman. J’ai apprécié le style de Colette précis, assez concis mais riche, légèrement suranné. Le récit d’un premier amour entre deux adolescents et d’une relation sexuelle amorale et la description de leurs sentiments sont le cœur du roman. En filigrane, il dresse aussi le portrait d’un contexte social bourgeois où les femmes ne travaillent pas et passent 3 mois de vacances à la mer. Il décrit comment les adolescents se trouvent pris entre leurs désirs, leur envie de liberté d’une part et d’autre part le respect des codes de leur milieu, la nécessité d’imaginer leur avenir et leur insertion dans la société. Cette lecture m’a donné de lire d’autres œuvres de Colette.

Les Hommes de l’Islam de Louis Gardet

J’ai trouvé ce livre dans une bouquinerie. Il est assez ancien, c’est étrange de lire sur les arabes d’aujourd’hui quand l’auteur parle de l’arrivée récente au pouvoir d’un Hafez el-Assad ou Saddam Hussein. Mais sinon, le livre essaye de dépeindre les mentalités des musulmans et l’influence de l’islam sur les mentalités. Le livre aborde énormément de sujets : l’influence de la mentalité arabe pré-islamique, le rôle des femmes, les classes sociales dans les sociétés islamiques, l’impact des différents courants et écoles juridiques islamiques, les débats qui animent la société islamique…

J’ai trouvé le panorama assez intéressant. On doit reconnaître une certaine clairvoyance à l’auteur qui dès les années 70 consacre déjà dans ses perspectives un passage important au nouveau fondamentalisme musulman et à ses racines intellectuelles. Cependant, l’approche même du livre de s’interroger sur les mentalités dénotent d’une certaine époque et d’un questionnement daté.  

Le Dieu venu du Centaure de Philip K.Dick

Je poursuis ma lecture de romans de Philip K.Dick achetés à vil prix en bouquinerie. Dans le Dieu venu du Centaure, l’action se situe dans le futur dans une terre devenue une fournaise en journée et où les Nations-Unies dirigent un programme de colonisation des planètes du système solaire.  Le personnage principal est un precog appelé Barney Mayerson. Sa prescience sert à orienter les décisions d’une multinationale dirigée par Bulero, auquel Mayerson reporte directement. La principale source de revenu de cette multinationale est un combiné et une drogue illégale, le D-Liss, qui sert aux colons de l’espace à s’évader de leur vie monotone dans une expérience hallucinatoire. Mais un certain Palmer Eldritch revient du système du Centaure, avec l’intention de commercialiser une nouvelle drogue plus puissante et addictive que le D-Liss.

Au départ, j’ai eu assez peur d’être déçu, comme dans mes précédentes lectures de Dick. J’y retrouvai les mêmes défauts : un monde un peu délirant, une sf un peu datée et une histoire à laquelle j’avais du mal à m’intéresser. Mais plus le roman avance et plus les thématiques deviennent profondes : difficulté à différencier le réel de l’hallucination, les paradoxes temporels, les impacts des décisions sur la vie, la divinité… sans oublier la prescience du réchauffement climatique et la critique féroce du capitalisme. Le roman surprend, déstabilise, questionne ! Malgré ses défauts, la lecture de ce roman m’a vraiment marqué et je trouve pour la première le Dick que j’attendais.

L’énigme des Blancs Manteaux de Jean-François Parot

Ce roman policier historique est le premier de la série Nicolas Le Floch qui met en scène un enquêteur parisien au XVIIIème siècle. Nicolas fait ses débuts dans la police parisienne après avoir débarqué de sa Bretagne natale depuis le château de son tuteur, le Marquis de Ranreuil.

Le jeune Nicolas se retrouve à enquêter sur la disparition de son chef et logeur, le commissaire Lardin. L’auteur mêle avec brio l’enquête policière, l’apparition des personnages qui vont accompagner le reste de la série, des tranches de vie de l’ancien régime et la vie personnelle de notre jeune policier parisien. La lecture est très agréable. J’en lirai d’autres…

Les Enfants de Hurin de Tolkien

Cette œuvre posthume de JRR Tolkien est un roman développant un épisode du Silmarillion : la vie de Tùrin Turambar, un héros tragique humain dans les âges sombres du 1er âge. Autant le Silmarillion demeure une œuvre difficile à lire, avec des épisodes courts qui se succèdent en couvrant des milliers d’années sous un déluge de noms propres (mais que j’adore), autant on sent le talent de romancier dans cette œuvre. Le poids de destin s’abat lentement mais implacablement sur cette famille royale alors que le monde de Beleriand s’écroule lentement sous les coups de Morgoth.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre. Je ne me suis pas amusé à comparer avec le récit initial du Silmarillion mais j’ai apprécié retrouver des épisodes qui m’avaient marqué comme la rencontre avec les petits-nains, l’amitié de Tùrin et Beleg ou l’épisode de l’inceste inconscient, dans un récit plus délayé. Quel plaisir de retrouver Tolkien et de se replonger dans les Terres du Milieu !    

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