J'ai lu : Rushmore

Publié le par Arii Stef

Rushmore est un jeu-campagne de petit format (52 pages) de l’auteur indépendant Anthony Combrexelle dit Yno. Il appelle «Burst » ce format de jeu intégrant une campagne courte. On doit également à cet auteur Americana, Contes de Minuit et La Nuit des Chasseurs, des jeux que j’ai chroniqués dans ce blog. Rushmore est disponible sur Lulu en pdf ou en papier. L’auteur est friand d’horreur et de fantastique et aussi d’Amérique contemporaine. C’est dans ce registre que se situe ce cadre de campagne. On y joue 4 prétirés d’une même fratrie, des rednecks dégénérés qui vivent à Désolation au fin-fonds du Texas. Ils obéissent aux dernières volontés de leur mère exprimées par des post-it sur le frigo et par des contacts télépathiques avec leur frère mort-né qui flotte dans un bocal. Ils tiennent le cimetière local. Ils ont chacun un pouvoir spécial surnaturel (ex : les  armes lui parlent), un toc et une affliction (violence, addiction au porno,…).

C’est donc un jeu où on joue de vrais méchants dans un cadre décrépit. Rushmore est un jeu de rôle qui propose un cadre à la fois fermé et ouvert. Fermé car tout se passe dans une petite ville paumée, car le jeu n’est pas jouable en-dehors des pré-tirés et que l’enjeu est unique (comprendre les instructions de la mère décédée et provoquer l’apocalypse). Mais il est très ouvert également car le scénario ne fonctionne pas comme un enchaînement d’événements, ce sont les interactions et les choix des personnages joueurs qui créent les événements sans ordre prédéfini. Les différentes « factions » de désolation et leurs secrets sont détaillés, offrant un petit bac-à-sable.    

C’est l’habituel système Corpus Mechanica de l’auteur qui motorise le jeu. 10 aptitudes ont un score qui représentent autant de D6 à lancer pour tester une action. Tous les dés qui font 4 ou + correspondent à une réussite. Il faut que le nombre de réussite soit au moins égal à la difficulté de l’action. Les personnages disposent également de spécialités qui permettent de relancer des dés sur certaines aptitudes. Le système est simple et efficace.

Rushmore est un peu un OVNI ludique. Je pense qu’il y a deux manières de le jouer. La première serait de le jouer comme c’est prévu en deux-trois séances, en faisant intervenir le quotidien du cimetière que tiennent les Rushmore et en utilisant tous les post-it laissés par leur mère. Mais honnêtement, en tant que joueur, je ne pense que cela me plairait d’interpréter pendant trois séances de tels dégénérés. La seconde serait donc de concentrer le scénario, de sélectionner les pistes scénaristiques (les post-it) et après une scène d’exposition de le jouer avec un rythme soutenu sur une séance. Sinon, comme d’habitude, les jeux d’Yno cassent les habitudes, apportent leur lot d’originalité et recèlent de nombreuses bonnes idées scénaristiques.

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